à la recherche d'un recueil de poésie dans un sac poubelle

De la poésie dans un sac poubelle

Jan 20, 2022 | Réflexions créatives | 0 commentaires

Sous le sapin à Noël, j’ai trouvé une enveloppe de ma sœur qui disait peu ou prou “Bon pour un recueil de poésie qui n’est pas encore arrivé aaaargh”. Il n’était pas prévu qu’on se recroise mais quelques jours plus tard, elle allait chez mes grands-parents juste avant que j’y aille à mon tour. Je lui ai donc suggéré (et tu noteras que je ne perds pas le nord 😅) qu’elle laisse le paquet chez eux pour que je l’y trouve quand j’y arriverais. Mais une fois arrivée chez mes grands-parents, rien au pied du sapin. Commence alors une grande chasse au cadeau, à la recherche du recueil de poésie perdu.

Ma sœur me donne des indices par message. 
“C’est une grande enveloppe cartonnée !”
“Avec ton prénom écrit en grand dessus !”
“Je l’avais mise sur la desserte de la salle à manger !” 
Mais sur la desserte du salon, il n’y a rien. On cherche dans les piles de magazines sur la table basse, derrière les fauteuils, sous le buffet. Mamie se remet même à feuilleter toutes les photos qu’ils ont regardées pour le Nouvel An au cas où la grande enveloppe cartonnée se serait cachée entre deux clichés. Franchement peu probable, mais pour la poésie, on fait des efforts. 

Finalement, Mamie me dit : “j’ai peur que l’enveloppe soit partie… à la poubelle. Si elle était sur la desserte de la salle à manger, et étant donné que nous avons échangé tous les cadeaux pour le réveillon dans cette même salle à manger et qu’il y avait des emballages partout… et qu’on a ensuite tout rangé tout jeté…” 

OH NON PAS LA POUBELLE 😬 

Les poubelles de tri sont au bout de la rue et normalement n’ont pas encore été ramassées. Nous voilà donc ce 2 janvier à enfiler des chaussures pour sortir dans la nuit, mettre nos téléphones en lampe de poche, et plonger dans la benne pour scanner les sacs (“ah, là, du chocolat suisse, c’est chez vous ça non ?”, “ah oui, là je reconnais le yaourt !”), en ressortir deux que nous ramenons à la maison.

De la poésie dans un sac poubelle

Mamie est allée chercher des gants pour les ouvrir, et c’est parti. Emballages de nourriture, papiers cadeaux, magazines de pub… mais pas d’enveloppe cartonnée.  
L’amoureux : dire qu’on est en train de faire du dumpster-diving pour de la poésie !
Moi : franchement, si on retrouve l’enveloppe, je sais de quoi parler dans ma première newsletter de l’année !
Mamie : bon ben ça n’a pas l’air d’être là, mais enfin, où est-ce qu’elle a bien pu passer ? (🧡) 

On a laissé tomber, ramené les sacs au bout de la rue, et on est rentré·e·s penaud·e·s. Enfin penaud·e·s pas tout à fait, puisqu’on a continué à réfléchir et à dérouler les événements. Mamie a refait un tour de toutes les chambres (c’est une grande maison), et là… soudain, elle était là ! L’enveloppe cartonnée sous un livre entre une couverture pliée et un lit défait. On ne sait pas pourquoi. On ne sait pas comment. Mais là avec mon nom dessus et mon livre dedans (et quel livre, bon sang !)

poésie Myriam Oh

Alors ce que je te souhaite pour cette année, c’est de trouver (et de glisser) de la poésie partout, surtout là où on n’y aurait pas pensé.

PS : Et puis quelques vers de la première page de ce livre, donc : Ce n’est pas ce que tu n’as pas dit mais la manière dont tu t’es tu, de Myriam OH, parce que je trouve que c’est une belle intention pour cette nouvelle année : tu es né pour briller 
mais pas tous les jours mais pas par tous les temps 
fais-toi ce qu’il faut de taches de bosses de fêlures 
donne-toi le luxe du relief 
ne laisse jamais personne juger de ton éclat.

Psst, cet article a d’abord été publié sous forme de newsletter le 9 janvier 2022. Envie d’en recevoir plus dans ta boîte aux lettres ?