photolangage pour faire parler

un outil pour faire parler les apprenants : le photolangage

Sep 17, 2015 | Outils d'écriture | 14 commentaires

Le week-end dernier, à Alternatiba Bruxelles, j’ai été particulièrement attirée par tous les stands par le stand du réseau Ades qui présentait un grand panneau regroupant des outils d’intelligence collective ; de quoi me mettre l’eau à la bouche et les neurones en action – comment réutiliser ça aussitôt dans mes cours, ateliers, projets professionnels, voire personnels ?

Hier, premier cours de l’année avec deux petites Italiennes de 10 et 12 ans. Je les ai déjà eues l’année dernière ; elles parlent italien et allemand à la maison, vont à l’école en français, où elles apprennent aussi l’anglais… Bref, à l’oral, tout va bien. A l’écrit, c’est plus compliqué : elles écrivent français avec une graphie italienne où le son « ch » se transforme en un « sch » allemand. Ca donne des choses comme « le schato e tre solide ». Tout un défi de reprendre avec elles l’écriture du français. Un de mes buts en tout cas : les faire écrire et lire, et aimer écrire et lire en langue étrangère, et nous inventons donc histoires, poèmes et devinettes à tour de pelles, et lisons des tas d’albums jeunesse.

Mais donc, hier, premier cours de l’année, j’avais envie de faire un peu le point sur leurs désirs, à elles, et leurs motivations. Je me décide donc de me lancer dans un photolangage, outil d’éducation permanente apparemment très répandu, mais que je n’avais jamais eu l’occasion d’utiliser – ou en tout cas, pas exactement comme ça. Il s’agit de présenter plusieurs dizaines de photos au public, et de lui poser une question, en lui demandant de choisir une (ou deux, ou trois) photo(s) pour y répondre – chaque personne devra ensuite expliquer pourquoi elle a pris telle ou telle photo. [Une explication détaillée de l’outil et de comment l’utiliser ici + une sélection de 112 photos (parmi lesquelles j’avais sélectionné celles appropriées pour des enfants) ici.]

Les filles ont vraiment apprécié le dispositif, et moi aussi ! « C’est comme un jeu », « on arrête déjà ? », et de mon côté, j’ai trouvé les résultats très éclairants, et l’approche plutôt poétique – ce qui me va, évidemment.

Q1 : Qu’est-ce que vous pensez du français ?

017

“Le français, pour moi, c’est comme ça, c’est très compliqué. Il y a plein de chemins mélangés. Mais on sait qu’on va arriver à la gare et après, à la gare, tout est clair. Et il y a plusieurs chemins qui vont à la gare, on peut un peu choisir son chemin.”

076

“C’est comme si j’étais sur 1 ou 2, et parler très bien français, c’est tout en haut, au ciel. Je voudrais être à 4 et 5 pour avoir les pieds bien en équilibre. Avant, on est à cloche-pied, mais à 4 et 5, on peut un petit peu se reposer.”

Q2 : De quoi est-ce que vous avez envie pour cette année dans les cours de français ?

037“Moi, je voudrais jouer. Je voudrais qu’apprendre le français, ce soit seulement jouer.”
[Le message est clair et passé ;)]

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“Cette année, je voudrais faire de grands sauts dans le français. Des sauts en avant, tu vois ? Ne pas avoir peur.”

En conclusion, un outil que je rajoute de ce pas à ma mallette pédagogique pour faire s’exprimer les apprenants sur des sujets divers et variés, quel que soit leur niveau de français.

Des expériences à partager, des variantes à proposer ? N’hésitez pas à commenter ! 🙂